Un héritage ancien, fruit de décisions communales structurantes
Dès le XIXᵉ siècle, la commune a fait le choix de structurer durablement l’usage de l’alpage de la Combe.
La construction du chalet d’alpage et du chemin muletier taillé dans la roche marque cette volonté d’organisation collective. L’alpage s’est ensuite développé progressivement, au rythme des besoins agricoles et des capacités communales, grâce à des choix assumés et construits dans le temps.
Cet héritage est le fruit du travail de nos anciens, pensé pour répondre aux conditions de l’époque, mais avec une vision tournée vers l’avenir. Aujourd’hui, cet héritage doit être préservé et adapté aux conditions climatiques actuelles.
Des investissements portés par la commune et par les habitants
À la fin des années 1990, une étape importante est franchie avec la modernisation du chalet d’alpage.
Une partie de la vente de la fruitière communale (30% du produit de la vente de 1 230 000 Frs) a permis de financer une large part de ces travaux. Cette modernisation a également reposé sur l’engagement remarquable de nombreux bénévoles du village, souvent anciens membres de la fruitière ou porteurs de lait, dont le travail a été déterminant pour adapter le bâtiment aux usages contemporains.
En 2009, la création d’une piste d’accès, en cofinancement avec les communes de Doussard et Chevaline, a permis de faciliter considérablement le travail des bergers, alors qu’auparavant aucun accès véhicule n’existait pour rejoindre l’alpage.
A cette époque, certains s'étaient opposés à cette piste, préférant garder et réparer le câble “monte charge”. Aujourd’hui, sans cette piste de Banc Plat, aucun alpagiste n’accepterait aujourd’hui de travailler à la Combe, il n’y aurait simplement plus d’alpage.
Ces choix successifs témoignent d’un engagement constant de la commune pour maintenir un outil pastoral fonctionnel et vivant.
Un alpage qui revit grâce au travail des agriculteurs
Depuis plusieurs années, l’alpage de la Combe a retrouvé une activité pastorale régulière, portée par des agriculteurs engagés et présents sur la durée. Leur travail a permis le retour d’une production fromagère locale, à un niveau que l’alpage n’avait plus connu depuis longtemps.
Ce dynamisme agricole mérite d’être reconnu et soutenu. Il repose sur une présence quotidienne, une connaissance fine du terrain et une capacité d’adaptation permanente à des conditions de plus en plus contraignantes.
Sécuriser l’eau : un enjeu vital pour l’alpage
L’alimentation en eau a toujours été un sujet central.
Avant 2016, la ressource était fragile et a connu des situations critiques, notamment durant l’été 2015, marqué par plus de six semaines sans précipitations. L’approvisionnement en eau avait alors été fortement limité, mettant en difficulté l’activité pastorale et l’accueil touristique.
Face à ces constats, une étude approfondie de l’état des lieux de la captation et de l’hydrologie a été menée en lien avec la Société d’Économie Alpestre.
Un projet d’agrandissement du réservoir béton en amont, plus capacitaire (18 m³ contre moins de 3 m³ auparavant), a été étudié et défendu par la commune devant la commission d’attribution des aides publiques agricoles du Plan Pastoral Territorial du Parc naturel régional du Massif des Bauges.
Ces travaux ont été refusés le 10 mars 2016 car jugés trop coûteux (plus de 45 000 €, notamment à cause de frais d’héliportage importants) et pas assez capacitaire (18 m3 seulement) et non subventionné.
Pourquoi le choix d’une citerne souple
La citerne souple a donc été retenue par pragmatisme afin de sécuriser durablement la ressource en eau.
En effet, cette version de travaux présentait un coût moindre (20 000 €) et une capacité plus importante (50 M3 contre 18 m3 pour le réservoir béton). Elle a reçu un avis très favorable de la commission attribuant les subventions de l'ordre de 14 000 €). Le coût net de sécurisation pour la commune s’est élevé à 6 000 €.
Contrairement à ce qui a pu être affirmé, ce type d’équipement existe sur plusieurs alpages de Haute-Savoie, notamment dans les massifs des Aravis, du Chablais et des Bauges, ainsi que plus largement dans l’arc alpin, lorsque les contraintes techniques, paysagères ou financières ne permettent pas d’autres solutions.
Plus fréquemment encore, ce sont des retenues collinaires qui sont utilisées pour sécuriser l’abreuvement du bétail.
Chaque alpage a toutefois ses spécificités.
Sur l’alpage de la Combe, une retenue collinaire n’est ni techniquement ni réglementairement envisageable.
À titre d’exemple, sur l’alpage voisin de la montagne d’Eau Froide, les difficultés d’accès à l’eau en période estivale contraignent le berger à descendre dans la vallée pour effectuer des voyages d’eau afin d’abreuver ses bêtes.
Les travaux réalisés en 2016 ont donc représenté un coût global de 20 000 €, comprenant le terrassement, la citerne souple, sa protection par une clôture en poteaux bois, le raccordement au réseau existant et l’ajout d’un surpresseur.
Un suivi et des investissements continus
Depuis, la commune continue d’investir de manière régulière et raisonnée :
En 2023, des travaux complémentaires ont été réalisés par l’entreprise Besson, incluant notamment la protection plus durable de la bâche souple par une clôture en panneaux rigides, pour un montant de 14 000 € subventionné à 80%, pour une part communale d’environ 3 000 € HT.
Une rénovation de la salle de fabrication, prévue en 2026, est actée pour un montant de la part communale d’environ 12 000 € HT.
Le remplacement des portes-fenêtres est également programmé, pour un coût de la part communale d’environ 5 000 €.
Tous ces investissements ont bénéficié de subventions de différents partenaires, notamment le Département et des fonds européens.
Plus globalement, la route de la Combe d’Ire, tristement célèbre pour le meutre de Chevaline et seule voie d'accès aux alpages de Chevaline, Doussard, Giez et Lathuile a été refaite à l’automne 2025 avec l’aide précieuse de l’ONF grâce à cofinancement intercommunale de nos 4 communes et de l’ONF. Un bel exemple de coopération intercommunale efficace et pragmatique avec un coût d'environ 10 000 € pour chaque commune.
Ces différents investissement s’inscrivent dans une logique de pérennisation de l’outil pastoral, d’amélioration des conditions de travail et d’adaptation aux effets déjà bien visibles du changement climatique, les Alpes connaissant déjà une hausse moyenne des températures de l’ordre de +2 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
Soutenir l’agriculture face au changement climatique et à la présence du loup
Les agriculteurs de montagne doivent, aujourd'hui, faire face à de nombreuses contraintes supplémentaires : aléas climatiques, sécheresses, accès à l’eau, mais aussi pression croissante du loup, dont la population augmente ces dernières années.
Cette réalité impose des adaptations lourdes, humaines et matérielles. Soutenir l’agriculture de montagne, c’est reconnaître ces contraintes et accompagner concrètement celles et ceux qui font vivre nos alpages.
Cohabitation avec les promeneurs et rôle des chiens de protection
Face à la prédation du loup sur les troupeaux, la présence de chiens de protection est aujourd’hui indispensable. On compte parfois près d’un chien pour dix chèvres. Ces chiens sont placés dès leur plus jeune âge avec le troupeau afin d’apprendre à le défendre contre les prédateurs.
Ils ne sont ni agressifs ni dressés pour attaquer, mais pour dissuader et protéger. Leur présence implique toutefois des règles de cohabitation.
C’est pourquoi, par arrêté, les chiens de compagnie sont interdits sur l’alpage, même tenus en laisse. Leur présence complique le travail des bergers et peut générer des situations dangereuses, tant pour les promeneurs que pour les animaux.
Respecter ces règles, c’est contribuer à la sécurité de tous et au maintien de l’activité pastorale.
Rester factuel, honnête et constructif
Il convient de rester factuel et honnête. Contrairement à certaines fausses affirmations, les chiffres sont publics, transparents et vérifiables.
Les travaux réalisés sont et resteront maîtrisés, subventionnés lorsque cela est possible, tout en s’inscrivant dans une logique de long terme.
Mieux exploiter les bâtiments d’alpage ne se décrète pas : cela demande une connaissance précise des dossiers, du temps, et des choix assumés, construits pas à pas avec les acteurs concernés.
Notre démarche se veut pragmatique et humble. Elle s’appuie sur le travail déjà réalisé, l’expérience du terrain, la mémoire de nos anciens et le dialogue avec les acteurs concernés. Nous choisissons un regard tourné vers l’avenir et les réalités climatiques actuelles, plutôt que la réaction émotionnelle, les postures ou les discours sans solutions
Préserver l’alpage de la Combe, c’est faire le choix de la responsabilité, du respect de notre patrimoine et du soutien concret à une agriculture de montagne vivante, aujourd’hui et pour demain.