L’histoire de la circulation autour du lac d’Annecy est une véritable épopée, des sentiers muletiers escarpés aux axes très fréquentés de Haute-Savoie. Coincé entre l’eau cristalline et les montagnes abruptes, ce territoire fait face à un défi constant : concilier géographie contraignante et pression démographique et touristique.

Voici les grandes étapes de cette évolution :

L’époque des « chemins de chèvres » (avant 1800)
Pendant des siècles, contourner le lac relevait de l’épreuve. Sur la rive est (côté Plein Soleil), le passage par Veyrier et le Roc de Chère s’avérait dangereux et étroit ; on préférait les barques, dites « lesches », pour marchandises et bétail. La rive ouest, plus accessible grâce à un ancien tracé romain de Turin à Genève (via Viuz-Faverges), restait en terre battue et impraticable l’hiver.

Le désenclavement et l’essor industriel (XIXe siècle)
L’annexion de la Savoie par la France déclenche des chantiers titanesques. Sur la rive est, dès 1860, on taille la route dans la roche, notamment à la Talle. Révolution en 1901 : la ligne de chemin de fer Annecy-Albertville ouvre sur la rive ouest, acheminant charbon, bois et premiers touristes — voyageurs jusqu’en 1938, fret jusqu’aux années 1960.

L’ère de la voiture et du tourisme de masse (1950-1990)
Après-guerre, le lac explose comme destination estivale. Les routes nationales (RN 508 ouest, RN 509 est) s’élargissent, l’asphalte règne en maître et les bouchons font leur apparition chaque été.

Le tournant écologique des années 2000
Face à la pollution et à la saturation, des actions concrètes émergent, avec d’autres en étude. 
La voie verte, aménagée sur l’ancienne voie ferrée, offre désormais 42 km sécurisés pour boucler le lac à vélo ou à pied — l’une des pistes les plus fréquentées de France. 
Le plan de circulation d’Annecy limite le transit en centre-ville, affichant des résultats encourageants (+6 % de bus, -5 % de voitures). 
Le tunnel sous le Semnoz, envisagé puis abandonné, cède la place à des alternatives durables. 
Sur la rive ouest, des études avancent pour un bus à haut niveau de service (BHNS) Duingt-Annecy : prestataire choisi fin 2025, travaux visés fin 2026, boostés par les JO 2030. 
Des réflexions sont menées visant à renforcer les lignes de la Sibra (comme une liaison passant par Doussard via Angon)

La circulation autour du lac a toujours rythmé la vie des habitants. L’essor automobile et la pression foncière saturent les routes, aggravant la pollution. 

Unis pour Lathuile se veut force de soutien aux projets alignés sur nos valeurs écologiques et économiques, tout en continuant de favoriser les mobilités douces, afin de préserver notre cadre de vie.

Ce soutien passe par une mutualisation nécessaire en partenariat avec le Grand Annecy, la CCSLA, la Région, le Département et tous les acteurs locaux — dans un esprit de concertation ouverte et de co-construction pour des solutions réalistes et durables au bénéfice de tous.